Cardiologie non-invasive
Echographie d'effort.
Procédé indolore, inoffensif et non invasif par excellence, l'échographie serait, paraît-il, née de la lutte anti-sous-marin. En vérité, l'art de situer les objets grâce à l'écho d'ultrasons fut inventé bien avant. Grands pionniers: les baleines, les dauphins et les chauves-souris. L'échographie médicale mesure, elle aussi, le temps écoulé entre l'émission d'un signal et son retour après réflexion sur des cibles invisibles.
Mais elle fait mieux. Par la magie de l'informatique, elle transforme ce retard en images. Le procédé trouve de multiples applications: l'investigation des maladies coronariennes parmi d'autres. Dans ce domaine, elle n'est pas seule. Electrocardiogramme d'effort, imagerie radiologique, scannographie, scintigraphie, résonance magnétique, PET-scan tous ces procédés permettent de déceler des anomalies parfois annonciatrices d'accident, ou consécutives à cet accident.
Ils localisent en particulier les ischémies (insuffisances circulatoires) du myocarde. Dans beaucoup de cas, l'échographie se révèle aussi efficace, parfois plus, et pour un coût souvent très inférieur. La technique demande une situation dite de stress, induite par un médicament ou un effort. Le patient pédale sur un cyclo-ergonomètre. L'effort induit une ischémie en aval de la lésion coronarienne. L'échographie permet de la localiser et d'en mesurer l'étendue. Durée de l'effort: 6 à 10 minutes. Durée totale de la séance: en général 40 minutes.
Propos recueillis auprès du Dr Marco Bettoni, cardiologue
Efficace et sûr
Douleurs thoraciques suspectes, électrocardiogramme présentant certaines anomalies, suivi de patients coronariens autant de signes ou de cas qui peuvent demander une échographie d'effort. L'exercice physique est en effet la méthode la plus naturelle pour accentuer et révéler une ischémie du myocarde, ainsi que certains problèmes ventriculaires. Cependant, la détection exige des échographes très performants. Capables d'un traitement numérique des images, ils offrent une bonne visualisation de l'endocarde (tunique interne du coeur). Leurs logiciels avancés permettent la synchronisation et la comparaison des images durant les différentes phases d'examen, y compris lors du retour au repos.
Qu'en est-il des risques liés à l'effort demandé ? Récusons les légendes alarmistes. Sur 45'000 examens, la statistique ne relève heureusement aucune complication fatale. Certes, la loi des grands nombres admet des incidents rarissimes (2 cas sur 1000), mais le cardiologue expérimenté qui conduit l'examen dispose sur place de tout l'équipement nécessaire pour une prise en charge immédiate. L'examen s'affirme donc particulièrement sûr. Il permet de diagnostiquer les maladies coronariennes probables et, le cas échéant, d'orienter vers une intervention. Dans la majorité des examens, il identifie les personnes à faible risque. Le cardiologue arrête alors l'investigation et rassure son patient.
Dernière modification le 01.01.2011.
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