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La procréation médicalement assistée.

Microinjection d'un spermatozoïde dans un ovocyte avec micropipettes manipulées sous microscope.Désir d'enfant, un des sentiments les plus puissants et les plus nobles de chaque femme et chaque couple puisse connaître. Cependant, un couple sur cinq souffre de problèmes de fertilité. La solution de la fécondation in vitro (dans un tube) semble aller de soi. Elle reproduit en laboratoire la rencontre des spermatozoïdes et de l'ovule qui intervient normalement in vivo, dans les trompes de la femme. En réalité, le processus se révèle si complexe que le premier "bébé-éprouvette", comme les journalistes le nommaient, est né en 1978 seulement.

Dans nombre de cas, l'Hôpital de la Tour a su apporter la réponse attendue. Une nouvelle initiative confirme cette vocation. Ainsi a-t-il mis au point, avec le laboratoire Viollier et le Centre de Médecine de la Reproduction Medixy à Lausanne, un programme trans-cantonal de fertilisation in vitro.

Longuement préparées et suivies, des femmes de toute la Suisse romande se rendent à La Tour pour une ponction d'ovocytes, non pas un seul comme normalement à chaque cycle, mais plusieurs, dont la maturation multiple est favorisée par une stimulation hormonale. Ils sont apportés au laboratoire Viollier, établissement de pointe, extrêmement bien équipé, où ils subissent la fertilisation. En raison de leur fragilité, les embryons obtenus restent à Lausanne. Ils sont transférés aux patientes par le gynécologue de La Tour qui se déplace spécialement. En termes de grossesses, le taux de succès se révèle excellent, ses 35% se comparant favorablement à la moyenne suisse de 25%.

 

 

La procréation médicalement assistée au service des couples à risque.

 

Envisager d'avoir un enfant pour un couple dont l'un des deux partenaires est atteint du virus HIV ou de l'hépatite B ou C, ne va pas de soi. Sexuellement transmissibles, ces virus risquent d'infecter non seulement le partenaire mais aussi l'enfant à venir.

En dépit d'une probabilité assez faible, ce problème de la contamination de l'enfant est responsable de la pandémie de HIV en Afrique. En Europe, on a la chance, grâce aux techniques de procréation assistée, de maîtriser les différents facteurs qui influent sur la transmission, garantissant aux couples atteints de donner naissance à un enfant sain. L'Hôpital de la Tour est, en collaboration avec les laboratoires Viollier SA et l'équipe médico-psychologique de Medixy SA, un des seuls établissements en Suisse romande à offrir un tel programme.

 

Une équipe pluridisciplinaire

 

Les couples à risque sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire composée de gynécologues, psychologues, infectiologues, hépatologues et biologistes pour évaluer les risques infectieux, l'état de santé de la personne infectée ainsi que la bonne insertion sociale du couple, de façon à avoir une compréhension globale de la problématique et pour s'assurer d'une sécurité suffisante.

L'équipe décide collégialement de prendre ou non en charge le couple demandeur. Ceci pour être en conformité avec la loi fédérale sur la procréation assistée de 1998 qui stipule qu'elle est réservée aux parents en suffisamment bonne santé pour éduquer leur enfant jusqu'à la majorité de ce dernier et assurer son bien être.

Les couples pris en charge par l'équipe sont généralement adressés par les spécialistes HIV. Dans le cas des personnes atteintes d'hépatite, elles découvrent souvent leur état dans le cadre d'un bilan effectué pour un traitement d'infertilité.

 

Le laboratoire, un partenaire important

 

Salle de cryoconservation es zygotes et gamètes.Qui dit procréation assistée dit laboratoire. Dans le cadre de ce programme et afin d'éviter toute transmission des virus tant aux collaborateurs qu'aux autres couples, le laboratoire Viollier SA à Lausanne dispose d'une organisation parallèle complètement indépendante pour les procédures et le stockage du matériel biologique.

Une des particularités d'une procréation assistée dans le cas d'un couple à risque est qu'il n'y a pas de traitement avec du matériel frais non testé pour la présence de virus.

Si l'homme est atteint il doit alors se soumettre à un traitement visant à diminuer la présence du virus dans le sang et par conséquence dans le sperme. On va alors prélever son sperme et le préparer afin de séparer la fraction spermatique utilisée en procréation médicalement assistée de la fraction séminale sans intérêt direct et potentiellement dangereuse sur le plan infectieux.

Une partie est congelée, l'autre testée. Si le test est négatif (l'échantillon ne comporte pas de virus), on utilise alors l'échantillon testé pour la fécondation in vitro ou insémination intra-utérine. L'échantillon n'est pas utilisable s'il est infecté. Lorsque la femme est infectée la situation est un peu plus complexe. Dans le cas HIV on ne prend en charge que les femmes avirémiques*. Dans le cas de l'hépatite C on peut être amené à diminuer ponctuellement la charge virale plasmatique au moment de la ponction ovocytaire. On recherche alors la présence de virus dans les milieux de culture de ces derniers avant de permettre le stockage de ces zygotes pour une durée maximale de 5 ans. Le matériel biologique est stocké dans des paillettes dites de haute sécurité.

 

Et l'enfant ?

 

La procréation assistée selon cette procédure fonctionne dans les mêmes proportions que pour une procréation assistée classique. Les résultats de la fécondation in vitro dans notre équipe sont fonction de l'âge de la femme:

  • 50% pour une femme de moins de 35 ans,
  • 40% si elle a plus de 35 et
  • 15 à 20% si elle est âgée de plus de 40 ans.

Quant à l'enfant à venir, il doit impérativement être suivi par un pédiatre qui est lié par une convention avec l'équipe. Dans le cas où la mère est atteinte, les effets des médicaments peuvent influencer son développement. Le risque théorique de transmission du virus à l'enfant est très faible (- de 1% si la mère est traitée efficacement) mais dans le cas où la mère est infectée, il y a certaines précautions à prendre. Une naissance par césarienne limite les risques de transmission par ingestion ou par le sang, quant à l'allaitement il est déconseillé quand la mère est atteinte par le HIV. Si la mère est infectée par le virus de l'hépatite B l'enfant doit pouvoir bénéficier d'une immunisation active et passive. Les directives sont moins claires en cas d'infection de la mère par le virus de l'hépatite C.

 

Propos recueillis auprès du Dr Chardonnens, gynécologue

 

*Avirémique: sans virus détectable dans le sang. 

Liens

Site internet de Medixy