La construction complète a demandé 500 journées de travail - l'Hôpital comprenait alors une maternité, un service pédiatrie (Gourgas) des lits médico-chirurgicaux et un service d'urgence. A l'époque, il eut été illusoire d'élargir cet éventail déjà vaste et les médecins de la fondation s'étaient bel et bien juré de ne jamais toucher soit à la neurochirurgie, la dialyse rénale, ou, plus encore à la chirurgie cardiaque, alors totalement hors de portée d'un petit établissement privé !
L'euphorie du début fut, hélas, de courte durée. En proie à des réactions de jalousie de certains médecins, au manque d'esprit d'entreprise de certains autres, la Fondation se trouva bientôt dans une situation financière de plus en plus difficile en raison du taux d'occupation trop bas.
La direction manquait également de professionnalisme. Un ciel de plus en plus noir obscurcissait l'horizon si bien qu'a l'automne 1980, nous nous vîmes acculés à une faillite presque inévitable. De plus, personne en Suisse ne s'intéressait au rachat d'un hôpital. Au plus fort de cette tragique situation, une grâce, proprement venue du ciel, fit rencontrer, dans un avion un membre de la fondation et un agent d'affaires en relation avec des compagnies américaines ! Sans perdre un instant, des contacts sont pris, et, en décembre 1980, l'Hôpital est racheté par la Société Humana. Le moral remonte en flèche. Une gestion rigoureuse, des investissements considérables en matériel ont permis l'essor du seul Hôpital privé de Genève et l'on y pratique maintenant la dialyse rénale, la neurochirurgie et .la chirurgie cardiaque. Qui dit mieux ?
Voilà l'histoire d'un enfant qui naquit après une gestation de dix ans, tout beau, tout joufflu et qui tomba gravement malade d'une anémie " chrysoprive ". Il faillit en mourir, s'il n'avait pas été sauvé in extremis, par l'or d'Outre - Atlantique.