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Tableau de bord pour évaluer des indicateurs qualité

L’Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques (ANQ) fête fièrement ses 10 ans. Cette association coordonne et réalise des mesures de la qualité uniformes, portant notamment sur les hospitalisations en médecine somatique aiguë. L’Hôpital de La Tour se félicite d’avoir toujours répondu parfaitement aux exigences de l’ANQ, comme en témoignent ses rapports périodiques sur la qualité.

Transparence et comparabilité sont des éléments fondamentaux pour l’amélioration de la qualité. Malheureusement, il n’existe pas encore d’indicateur de qualité polyvalent, capable de donner une indication claire quant à la qualité globale d’un hôpital. Cependant, certains indicateurs permettent d’identifier rapidement les problèmes et déclenchent des processus d’amélioration, en fournissant des arguments justifiant les investissements et la mise au point de nouvelles stratégies.

A ce titre, l’Hôpital de la Tour s’engage à mettre en place un tableau de bord pour évaluer le comportement de prescription des médecins dans le service de médecine interne. Ce projet est le fruit d’une collaboration avec les Hôpitaux tessinois et les Hôpitaux Universitaires de Genève, et s’inscrit dans le cadre du mouvement « Smarter medicine - Choosing Wisely Switzerland », que soutient l’Hôpital de la Tour. L’objectif de la démarche est d’identifier des interventions médicales auxquelles les médecins recourent trop fréquemment, alors qu’elles ne sont pas soutenues par des preuves et n’apportent pas de réelle plus-value pour le patient. Des « smarter indicateurs » sont ainsi mis en place pour des procédures identifiées comme pouvant être problématiques, tels que la prescription de benzodiazépines, d’inhibiteurs de la pompe à protons ou d’antibiotiques à la sortie de l’hôpital, l’exposition aux rayonnements ionisants lors d’imagerie radiologique ou le nombre de prélèvements sanguins lors d’une hospitalisation. Ces variables ont déjà été analysées dans les services de médecine et de chirurgie des quatre principaux hôpitaux publics tessinois, où l’on a constaté d’importantes différences de pratique entre les spécialités, ainsi qu’entre les différents instituts.

Ce nouveau projet intégrant des services hospitaliers de différentes institutions en Suisse permet de franchir une nouvelle étape et de comparer plus efficacement les comportements de prescription au sein des structures concernées. Couplé à un feedback éducatif, nous espérons que ce contrôle par les pairs permettra d’améliorer la qualité de nos prises en charge en limitant des tests, traitements et procédures qui pourraient s’avérer, au mieux, inutiles et, au pire, délétères pour les patients. Les prochaines étapes consisteront à élaborer un suivi continu de ces indicateurs ainsi que des recommandations spécifiques, en impliquant également les patients dans le processus de sensibilisation.

 

Prof. Dr med. Omar Kherad, MPH, médecin-chef du service de médecine interne, responsable qualité