Depuis une trentaine d'années, l'hôpital est fidèle à sa philosophie : favoriser la santé, par la prévention et le traitement de la maladie, et par l'allégement de la souffrance. C'est en 1976 que l'établissement ouvre ses portes à Meyrin, village de la région genevoise, au lieu-dit " La Tour ". Il comprend alors une maternité, un service de pédiatrie, des lits médico-chirurgicaux et un service d'urgence. Au fil des ans, d'importantes difficultés financières vont amener la Fondation de l'hôpital à rechercher des investisseurs extérieurs. Une société américaine rachète l'établissement en 1980. Elle lui permettra de continuer à fonctionner dans l'esprit voulu par les fondateurs et de poursuivre son développement. La structure médicale s'améliore, de nouveaux secteurs s'ouvrent régulièrement, d'importants investissements sont consentis en équipements et matériel de pointe. Autant d'éléments qui contribuent à faire de l'Hôpital de La Tour un établissement de premier plan, dans l'intérêt des patients.

La genèse de l'Hôpital de La Tour

Texte Dr René Feuardent,
co-fondateur de l'Hôpital de La Tour.
 

"L'Hôpital de La Tour a ouvert ses portes aux premiers malades en novembre 1976. Cent ans auparavant, en 1876, Genève fondait sa Faculté de Médecine et trois ans plus tard, le Dr Jacques - Louis Reverdin, inventeur de la fameuse aiguille, créait , dans notre république, la première clinique privée (elle était sise au no 112 de la rue de Carouge).

Il n'est pas inutile de rappeler ces dates symboliques : comme un siècle plus tôt, les antagonismes s'affrontaient entre médecine publique et privée. La naissance de notre établissement ne s'est donc pas déroulée dans le calme. Deux projets, à l'état d'intention seulement, rivalisaient alors, soutenus chacun par des groupes concurrents. Celui de Meyrin, animé par une équipe plus homogène gagna de vitesse et parvint ainsi à sa réalisation.

C'est à un architecte, F. Ambrosetti, que revient l'idée de bâtir un hôpital privé en banlieue. Il s'est aussitôt adjoint la collaboration de trois médecins installés depuis 2 ou 3 ans, les Dr J. Bugmann, Dr R. Hofer et moi-même. Nous sommes en 1965 ! Le petit groupe de gais camarades se réunit tous les lundis soirs. On cause beaucoup, on gribouille des esquisses et surtout on est animé du plus fol enthousiasme : construire un hôpital sans moyens financiers au départ et sans savoir où le bâtir ! Qu'importe. L'étude se poursuit et notre apparente folie suscite les sarcasmes à peine voilés de nos confrères. Un beau jour de 1971 nous apprenons qu'une habitante de Meyrin - Village, Madame A. Spaenhoven - Barbier, souhaiterait vendre un terrain planté en verger à une oeuvre d'utilité publique et plus particulièrement à destinée médicale. Sa maison est située au lieu- dit " La Tour ", origine du nom baptême de l'hôpital.

Situation et la surface de la parcelle...

Par une chance inouïe la situation et la surface de la parcelle ont permis l'insertion du bâtiment sans modification du projet. Le prix de vente quoique raisonnable représentait cependant une somme de un demi - million ; le temps de rêver se terminait. Et pourtant. Un mécène, informé par nos intentions et confiant en la viabilité du projet acquit le terrain en son nom afin de doter une future fondation d'un capital de départ. Sans ce geste de M. François Besson, l'Hôpital n'aurait jamais vu le jour.

 

Monsieur Besson qui présidait la jeune fondation en persuadant les financiers du sérieux de notre projet, parvint à réunir les fonds nécessaires. Deux autres "miracles" ont concouru à la réalisation : la construction du centre opératoire protégé financé par la protection civile et l'entrée dans notre fondation de l'ancien Hôpital Gourgas qui venait ainsi grossir les fonds propres.

 

La construction complète

La construction complète a demandé 500 journées de travail - l'Hôpital comprenait alors une maternité, un service pédiatrie (Gourgas), des lits médico-chirurgicaux et un service d'urgence. A l'époque, il eut été illusoire d'élargir cet éventail déjà vaste et les médecins de la fondation s'étaient bel et bien juré de ne jamais toucher soit à la neurochirurgie, la dialyse rénale, ou, plus encore à la chirurgie cardiaque, alors totalement hors de portée d'un petit établissement privé !

 

 

L'euphorie du début fut, hélas, de courte durée. En proie à des réactions de jalousie de certains médecins, au manque d'esprit d'entreprise de certains autres, la Fondation se trouva bientôt dans une situation financière de plus en plus difficile en raison du taux d'occupation trop bas.

 

La direction manquait également de professionnalisme. Un ciel de plus en plus noir obscurcissait l'horizon si bien qu'a l'automne 1980, nous nous vîmes acculés à une faillite presque inévitable. De plus, personne en Suisse ne s'intéressait au rachat d'un hôpital. Au plus fort de cette tragique situation, une grâce, proprement venue du ciel, fit rencontrer, dans un avion un membre de la fondation et un agent d'affaires en relation avec des compagnies américaines ! Sans perdre un instant, des contacts sont pris, et, en décembre 1980, l'Hôpital est racheté par la Société Humana. Le moral remonte en flèche. Une gestion rigoureuse, des investissements considérables en matériel ont permis l'essor du seul Hôpital privé de Genève et l'on y pratique maintenant la dialyse rénale, la neurochirurgie et .la chirurgie cardiaque. Qui dit mieux ?

 

Voilà l'histoire d'un enfant qui naquit après une gestation de dix ans, tout beau, tout joufflu et qui tomba gravement malade d'une anémie " chrysoprive ". Il faillit en mourir, s'il n'avait pas été sauvé in extremis, par l'or d'Outre - Atlantique.

 

Dernière modification le 15 janvier 2016.

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