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Réduction de l’utilisation des sondes urinaires

En accord avec les recommandations du mouvement « smarter medicine - Choosing Wisely Switzerland », l'Hôpital de La Tour s’est penché sur l’utilisation des sondes urinaires au sein de l’établissement. La multiplication de cet acte dans les milieux de soins et les complications parfois sévères pouvant y être associées l’ont amené à se retrouver sur la liste du « Top 5 » des soins dont il faut modérer et repenser l’usage. En effet, les infections liées aux sondes urinaires sont les infections nosocomiales les plus fréquentes, avec un impact majeur sur la morbi-mortalité et les coûts de la santé. Près de la moitié des patients sondés le sont sans indication formelle, et les sondes urinaires sont laissées en place plus longtemps que nécessaire. Or, le risque de développer une infection est étroitement lié à la durée du sondage. 

Des sondes urinaires inappropriées dans 30% des cas 

Nous avons ainsi mené une étude dans les services hospitaliers de l’Hôpital de La Tour. Après une période d’observation de 10 semaines durant l’été 2017, nous avons identifié 146 sondes urinaires posées lors du séjour de 1119 patients, soit dans 13% des cas. La majorité de ces sondes a été mise en place au bloc opératoire (99/146). Après relecture des dossiers, l’indication de ces sondes urinaires était considérée comme inappropriée dans 30% des cas. 

Une intervention multimodale pour prévenir les risques d’infection 

Ces résultats ont été rapportés aux équipes soignantes. Le but de ce feedback est de les sensibiliser aux risques induits par les sondes urinaires, afin que le personnel soignant adapte et corrige sa pratique. L’objectif final de cette démarche consiste bien sûr à améliorer la qualité des soins. Ainsi, une intervention multimodale destinée à prévenir les infections liées aux sondes urinaires sera mise en œuvre dans les services d’hospitalisation de l’institution. Il s’agit de mesures simples consistant à se conformer aux indications, à réfléchir aux différentes alternatives et à réévaluer quotidiennement la nécessité des sondes (cf. figure). Il a été prouvé que le respect de ces consignes permet de diminuer le nombre d’infections urinaires liées aux sondes de plus de 50 %, avec un impact positif sur la qualité de la prise en charge et une diminution des coûts. Une évaluation de l’impact de ces mesures est programmée deux mois après l’implémentation de l’intervention multimodale. 

Figure. Intervention multimodale pour prévenir les infections liées aux sondes

 

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Prof. Dr med. Omar Kherad, MPH, médecin-chef du service de médecine interne, responsable qualité