Construire avec vous la santé de demain.
06.07.21

Quand l'alimentation diminue le risque de maladies cardiovasculaires

Cardiologie
C’est bien connu, une alimentation équilibrée diminue le risque de maladies cardiovasculaires. Mais comment s’y retrouver dans tous les régimes existants et lequel choisir ?

On distingue couramment le végétarisme, le pescatarisme (excluant la chair animale, sauf les produits de la pêche), le flexitarisme (végétarisme autorisant une consommation occasionnelle de viande) et l’alimentation omnivore (sans aucune exclusion).

Aujourd’hui, on admet que pour avoir un cœur en bonne santé, il est préférable de manger moins de viande, en particulier les viandes rouges et les produits carnés transformés, dont la consommation est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires. A contrario, les régimes végétariens sont bons pour le cœur ; certaines méta-analyses ont en effet démontré leur effet protecteur sur les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, comme l'hypertension artérielle. Une étude incluant plus de 10'000 personnes domiciliées dans le canton de Genève et menée sur treize ans confirme ce fait.

Les aliments bons pour le cœur

Les personnes qui adhèrent à un régime cardiovasculaire impliquant un apport réduit en viande ont moins de surpoids, moins d’hypertension, de meilleurs taux de cholestérol et un risque moins élevé de maladies cardiovasculaires que les omnivores, qui mangent de tout sans restriction particulière.

Le risque de surpoids et les valeurs de pression artérielle sont diminués, indépendamment du type de régime cardiovasculaire (végétarien, pescatarien ou flexitarien). Globalement, pas moins de quatre principaux facteurs de maladies cardiovasculaires (à savoir le surpoids, l’hypertension, le taux de cholestérol et le diabète) sont améliorés.

L’étude confirme ainsi les résultats de recherches antérieures sur les effets bénéfiques de ces régimes, avec toutefois moins de preuves pour ce qui concerne le flexitarisme.

Les auteurs ne concluent donc pas à la nécessité de renoncer purement et simplement à la viande. Le régime méditerranéen, qui ne l’exclut pas totalement, est considéré depuis longtemps comme le plus riche en aliments bons pour le cœur : fruits, légumes, légumineuses et céréales, le tout cuisiné à l’huile d’olive et agrémenté d’herbes aromatiques. Les repas sont complétés par un apport modéré en produits laitiers d'origine variée (chèvre et brebis, essentiellement), en œufs et en produits de la pêche, la consommation de viande étant faible.

Ce régime est particulièrement pauvre en graisses dites saturées (p.ex. beurre, viande rouge), mais riche en oméga-3 et en antioxydants, idéaux pour le cœur. Quantité d’études ont révélé que, dans les régions du nord de l’Europe, notamment en Alsace où la population est habituée à consommer passablement de viande, de charcuteries, de beurre et de crème, la prévalence des infarctus (crises cardiaques) est plus élevée que dans les régions méditerranéennes où l’on préfère manger du poisson cuisiné à l’huile d’olive, avec des fruits et des légumes en abondance. Le régime méditerranéen est du reste recommandé pour l’ensemble de la population par la Société européenne de cardiologie.

Quant aux aliments à éviter de préférence, ce sont, outre les graisses saturées, les viandes grasses (p.ex. mouton), les produits ultra-transformés (charcuterie, soupes déshydratées, sodas, barres chocolatées, etc.), ainsi que, bien sûr, les aliments trop salés et le sel d’une manière générale.

La population semble avoir assimilé ces recommandations : l’étude genevoise indique en effet que la consommation de viande de bœuf a diminué de 15% pour les femmes et de 9% pour les hommes en l’espace de treize ans. Le nombre de personnes adeptes d’un régime cardiovasculaire a simultanément augmenté.

Cependant, il s’agit d’une petite minorité : les végétariens représentent moins de 8% de la population, les pescatariens moins de 6%, et les flexitariens 16% au maximum. Et comme la consommation de viande de volaille a progressé au cours de la période passée sous revue, la consommation totale de viande est finalement restée assez stable.