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Grippe

La grippe, aussi appelée influenza, est une infection virale aiguë des voies respiratoires causée principalement par les virus influenza de type A ou B. Très contagieuse, elle circule chaque année sous forme d’épidémies saisonnières, principalement en hiver, et touche l’ensemble de la population, tous âges confondus.

Souvent confondue avec un simple rhume, la grippe s’en distingue par une apparition brutale de symptômes généraux marqués et par un impact plus important sur l’état général. Si son évolution est le plus souvent favorable chez les personnes en bonne santé, elle peut entraîner des complications parfois graves, en particulier chez les personnes âgées, les femmes enceintes, les jeunes enfants et celles vivant avec des maladies chroniques. En Suisse, la grippe représente ainsi un enjeu de santé publique récurrent, tant par le nombre de consultations médicales qu’elle génère que par les hospitalisations qu’elle peut occasionner. La vaccination annuelle reste la mesure la plus efficace pour réduire la transmission et la gravité des formes cliniques, mais elle ne dispense pas d’une vigilance particulière face aux symptômes et à l’évolution de la maladie.

Symptômes de la grippe

L’apparition des symptômes est généralement soudaine, avec une fièvre élevée supérieure à 38 °C, accompagnée de frissons, de maux de tête, de douleurs musculaires et articulaires, ainsi qu’une toux sèche et persistante. La fatigue intense, la perte d’appétit et la sensation générale de malaise sont fréquentes. Ces signes traduisent une atteinte systémique marquée, bien plus sévère qu’un simple rhume. L’installation rapide des symptômes constitue l’un des éléments distinctifs de l’influenza par rapport à d’autres infections respiratoires virales plus banales.
Chez les enfants, les manifestations cliniques peuvent inclure des nausées, des vomissements ou des douleurs abdominales accompagnées de diarrhées, en plus des signes respiratoires habituels.
Chez les personnes âgées ou immunodéprimées, la fièvre peut être absente, laissant place à une altération de l’état général, une confusion ou une fatigue extrême.

La période d’incubation varie entre un et quatre jours. La maladie dure en moyenne une semaine à dix jours, mais la toux et la fatigue peuvent persister plusieurs semaines, notamment chez les sujets vulnérables.
Les formes dites "classiques" de la grippe associent systématiquement des symptômes respiratoires (toux, maux de gorge, congestion nasale) et des signes généraux (fièvre, douleurs musculaires, céphalées), bien que l’intensité et la combinaison des symptômes puissent varier selon l’âge, l’état de santé ou la souche virale en circulation.

Causes de la grippe

La grippe est causée par une infection virale, liée aux virus Influenza A ou B. Le virus se transmet principalement par voie aérienne, par l’intermédiaire de gouttelettes respiratoires expulsées lors de la toux, des éternuements ou même de la parole. Le contact avec des surfaces contaminées, suivi d’un contact avec le nez, les yeux ou la bouche, peut également provoquer une infection.
Chaque année, un à deux sous-types du virus Influenza A et des lignages de type B (Victoria, Yamagata) sont à l’origine des épidémies saisonnières. La capacité de ces virus à muter, un phénomène appelé dérive antigénique, complique l’acquisition d’une immunité durable dans la population. Cela explique également la nécessité d’un vaccin mis à jour annuellement. 

Le virus infecte les cellules de l'épithélium respiratoire via deux protéines de surface : l’hémagglutinine (HA) et la neuraminidase (NA). Ces protéines déterminent les sous-types viraux et sont à l’origine de l'apparition régulière de nouvelles souches, face auxquelles la population n’est que partiellement immunisée.La période de contagiosité débute environ un jour avant l’apparition des symptômes et se prolonge jusqu’à 7 jours après leur début. Cette durée peut être plus longue chez les enfants ou les personnes immunodéprimées

Facteurs de risque de la grippe

La grippe peut toucher toute personne, quel que soit l’âge ou l’état de santé. Toutefois, certaines situations exposent à un risque plus élevé de développer une forme sévère de la maladie ou des complications associées. Les données médicales montrent que l’âge constitue un déterminant important. Les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées de 65 ans et plus présentent une vulnérabilité accrue face à l’infection grippale. Chez ces populations, le système immunitaire répond souvent de manière moins efficace à l’agression virale, ce qui favorise une évolution plus prolongée ou plus grave.
La présence de maladies chroniques représente également un facteur de risque reconnu. Les personnes atteintes de pathologies respiratoires, cardiovasculaires, métaboliques ou neurologiques, ainsi que celles souffrant d’insuffisance rénale ou hépatique, sont plus exposées aux complications de la grippe. Une immunodépression, qu’elle soit liée à une maladie sous-jacente ou à un traitement médicamenteux, augmente aussi la probabilité de formes sévères. La grossesse, en particulier aux deuxième et troisième trimestres, est associée à un risque plus élevé de complications, en raison des modifications physiologiques et immunitaires qu’elle induit.
D’autres facteurs, tels que l’obésité sévère ou la vie en collectivité, notamment dans des établissements médico-sociaux, favorisent la transmission et les formes compliquées. L’ensemble de ces éléments explique pourquoi certaines catégories de population font l’objet de recommandations spécifiques en matière de prévention et de prise en charge.

Diagnostic de la grippe

Le diagnostic de la grippe repose avant tout sur l’évaluation clinique, en particulier en période d’épidémie saisonnière. L’apparition brutale de symptômes évocateurs (fièvre, toux sèche, myalgies, céphalées, fatigue intense) chez un patient non vacciné ou appartenant à un groupe à risque oriente fortement vers une infection grippale. Toutefois, la confirmation biologique reste importante dans certains contextes : hospitalisation, formes sévères, immunodépression, ou dans le cadre de la surveillance épidémiologique.
Les tests disponibles sont les suivants :

  • Tests rapides de détection d'antigènes (RIDT) : accessibles et rapides, mais peu sensibles. Un résultat négatif n’exclut donc pas la grippe.
  • Tests moléculaires (RT-PCR) : méthode de référence. Très sensibles et spécifiques, ils permettent d’identifier le type et le sous-type du virus.
  • Culture virale : peu utilisée en pratique clinique car elle nécessite plusieurs jours, mais reste précieuse pour la surveillance virologique et l’évaluation de la sensibilité aux antiviraux.

Chez les patients hospitalisés, en cas de suspicion élevée malgré un test antigénique négatif, il est recommandé de poursuivre les investigations par RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé ou expectoration, voire sur échantillon des voies respiratoires inférieures en cas d’atteinte pulmonaire grave.

Traitements de la grippe

La grippe, bien que généralement auto-limitée, peut nécessiter une prise en charge médicamenteuse dans certains cas, notamment chez les personnes à risque ou présentant une forme sévère. Deux axes principaux orientent le traitement : le soulagement symptomatique et l’utilisation d’antiviraux.

Soulagement des symptômes

La fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires peuvent être atténués par l’administration de paracétamol ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), sauf contre-indication. Chez l’enfant, l’usage de l’aspirine est à proscrire en raison du risque de syndrome de Reye.
Une bonne hydratation est essentielle. Le repos reste recommandé, et il est conseillé d’éviter l’exposition aux lieux publics pendant toute la durée de la fièvre.

Traitement antiviral

Les antiviraux sont recommandés dans plusieurs situations : hospitalisation, maladie évolutive sévère, ou présence de facteurs de risque. Leur efficacité est maximale lorsqu’ils sont administrés dans les 48 premières heures suivant l’apparition des symptômes.

Chez les patients atteints d'une forme sévère ou d’une pneumonie grippale, un traitement prolongé (jusqu’à 10 jours) peut être envisagé, en particulier en cas d’immunosuppression ou de persistance du virus dans les prélèvements respiratoires.

Evolutions et complications possibles

Chez la majorité des individus en bonne santé, la grippe évolue favorablement en une dizaine de jours, bien que certains symptômes, notamment la toux et la fatigue, puissent persister plus longtemps. Toutefois, dans certaines situations, l’infection peut évoluer vers des formes sévères, voire menaçantes pour la vie.
La pneumonie constitue la complication la plus fréquente. Elle peut être primaire, d’origine virale, ou secondaire, liée à une surinfection bactérienne. Cette dernière se manifeste souvent par une amélioration initiale suivie d’une rechute avec fièvre, expectoration purulente et détérioration de l’état général.
Les autres complications graves comprennent :

  • L’encéphalite et les convulsions, notamment chez les enfants.
  • La myosite ou la rhabdomyolyse, entraînant douleurs musculaires intenses et élévation des enzymes musculaires.
  • Les complications cardiaques, telles que la myocardite, la péricardite ou les infarctus du myocarde.

Chez les sujets âgés ou atteints de pathologies chroniques, la grippe peut également décompenser une maladie préexistante comme une insuffisance cardiaque, un diabète ou une BPCO, augmentant de façon significative le risque d’hospitalisation et de mortalité

Prévention de la grippe

La prévention de la grippe repose sur un ensemble de mesures visant à réduire le risque d’infection et à limiter la propagation du virus au sein de la population. La vaccination constitue la stratégie de prévention la plus efficace et la plus largement recommandée. Les vaccins contre la grippe sont adaptés chaque année afin de correspondre aux souches virales les plus susceptibles de circuler durant la saison hivernale. Cette adaptation régulière est nécessaire en raison de la variabilité génétique des virus influenza. La vaccination est possible en pharmacie dans la plupart des cantons. La vaccination est particulièrement recommandée chez les personnes présentant un risque accru de complications, telles que les personnes âgées, les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes atteintes de maladies chroniques et les individus immunodéprimés. Elle est également préconisée pour l’entourage de ces personnes et pour les professionnels de santé, afin de limiter la transmission dans les milieux de soins. Bien que la vaccination ne garantisse pas une protection absolue contre l’infection, elle réduit de manière significative le risque de formes sévères, d’hospitalisation et de complications graves.
En complément de la vaccination, des mesures d’hygiène simples jouent un rôle important dans la prévention. Le lavage régulier des mains, l’aération des espaces clos, le nettoyage des surfaces fréquemment touchées et l’adoption de comportements limitant la diffusion des gouttelettes respiratoires contribuent à réduire la circulation du virus. Ces mesures sont d’autant plus pertinentes en période d’épidémie saisonnière, lorsque la transmissibilité de l’influenza est élevée.

Quand contacter le médecin ?

Si la grippe est le plus souvent bénigne, certaines situations doivent alerter et motiver une consultation médicale sans délai.
Il est recommandé de consulter en cas de :

  • Fièvre élevée persistant au-delà de trois jours ou réapparaissant après une amélioration initiale, évoquant une possible surinfection.
  • Difficultés respiratoires, essoufflement au repos, douleurs thoraciques ou cyanose.
  • Altération de l’état de conscience, confusion, somnolence inhabituelle.
  • Signes de déshydratation, tels que sécheresse buccale, baisse de la diurèse ou vertiges.
  • Douleurs musculaires intenses, faiblesse extrême, convulsions.

Chez les enfants, une attention particulière doit être portée à une respiration rapide, une irritabilité inhabituelle, une difficulté à boire ou à s’alimenter, ou encore un teint pâle ou grisâtre.
Chez les personnes âgées, la grippe peut se présenter de manière plus atypique, avec une absence de fièvre, mais une désorientation ou un déclin brutal de l’autonomie.
Enfin, toute aggravation d’une maladie chronique (asthme, diabète, maladie cardiaque) doit être prise au sérieux et faire l’objet d’une prise en charge médicale adaptée.

La prise en charge à l’Hôpital de La Tour

À l’Hôpital de La Tour, la prise en charge des patients atteints de la grippe repose sur une approche pluridisciplinaire et personnalisée. Dès leur arrivée, les patients présentant des symptômes respiratoires sont orientés selon un protocole rigoureux de tri, garantissant la sécurité de tous.
En cas de complications, les patients peuvent être hospitalisés dans des unités disposant de soins continus, de soins intensifs ou de médecine interne, assurant un suivi médical de haut niveau.
L’Hôpital de La Tour met également l’accent sur la prévention : chaque automne, une campagne de vaccination est proposée à ses collaborateurs dans un objectif de protection communautaire.

FAQ sur la grippe

La grippe est-elle une maladie dangereuse ?

La grippe est généralement bénigne, mais elle peut entraîner des complications graves, notamment respiratoires ou cardiaques, chez les personnes vulnérables.

Quelle est la différence entre la grippe et un simple rhume ?

Le rhume débute progressivement et provoque surtout des symptômes nasaux. La grippe, elle, commence brutalement avec une forte fièvre, des douleurs musculaires et une fatigue intense.

Faut-il se faire vacciner chaque année ?

Oui. Le virus de la grippe change constamment. Le vaccin est donc mis à jour chaque année pour être efficace contre les souches circulantes.

Peut-on attraper la grippe en étant vacciné ?

Oui, mais les formes sont généralement plus légères. Le vaccin réduit surtout le risque de complications et d’hospitalisation.

Quels sont les signes d’alerte nécessitant une consultation urgente ?

Difficulté à respirer, douleurs thoraciques, fièvre persistante, confusion, grande faiblesse, ou aggravation d'une maladie chronique sont des signes qui justifient une consultation médicale immédiate.

Les antibiotiques sont-ils utiles contre la grippe ?

Non, car la grippe est une infection virale. Les antibiotiques ne sont indiqués qu’en cas de surinfection bactérienne avérée.

Combien de temps est-on contagieux lorsqu'on a la grippe ?

La contagiosité commence environ un jour avant l’apparition des symptômes et dure en général 5 à 7 jours. Chez les enfants ou les personnes immunodéprimées, cette période peut être prolongée.

Peut-on prendre un antiviral sans prescription ?

Non. Les antiviraux doivent être prescrits par un médecin et sont réservés à certains cas bien définis, en particulier les personnes à risque ou les formes sévères.

Le chiffre

Entre 112 000 et 275 000 : c’est le nombre annuel de consultations médicales liées à la grippe en Suisse, selon les données du système de surveillance Sentinella. À cela s’ajoutent plusieurs milliers d’hospitalisations et des centaines de décès chaque saison. D'où l’importance d’une prévention efficace et d’une réponse médicale rapide.

Le saviez-vous ?

Le virus de la grippe peut commencer à se propager un jour avant l’apparition des symptômes. Autrement dit, une personne apparemment en bonne santé peut déjà être contagieuse pour son entourage. Cette caractéristique particulière rend la prévention (en particulier l’hygiène des mains, l’aération des espaces clos et la vaccination) d’autant plus importante pour freiner la diffusion du virus.