Il s’agit de pathologies fréquentes et bénignes de la paupière, pouvant toucher aussi bien la paupière supérieure qu’inférieure. Leur apparition est souvent rapide, parfois même en l’espace d’une nuit. Bien qu’ils puissent être impressionnants ou gênants, ils sont le plus souvent sans gravité et évoluent favorablement en quelques jours.
Symptômes du chalazion et de l'orgelet
Le chalazion apparaît généralement de façon progressive. Il se manifeste par une petite tuméfaction palpébrale, visible soit sur la face interne de la paupière (chalazion interne), soit sur sa face externe (chalazion externe). De légères sécrétions au niveau du bord des cils peuvent parfois être observées.
L’orgelet débute habituellement de manière plus aiguë. Le signe le plus caractéristique est l’apparition d’un bouton blanchâtre, rempli de pus, à la base d’un cil. Là aussi, de discrètes sécrétions au niveau du bord des cils peuvent être présentes.
Dans les deux situations, la paupière est souvent rouge, gonflée et douloureuse, la douleur étant généralement plus marquée en cas d’orgelet. Le gonflement peut parfois s’étendre à l’ensemble de la paupière, rendant son ouverture difficile. Il peut également exister des sécrétions avec formation de croûtes au réveil, ainsi qu’une sensation de gêne ou de corps étranger dans l’œil. Les symptômes apparaissent en général rapidement, parfois en quelques heures. Une sensation de picotement ou d’inconfort peut précéder le gonflement.
Facteurs de risque
Certaines situations ou affections favorisent l’apparition des chalazions et des orgelets.
Une hygiène palpébrale insuffisante, le frottement des yeux avec des mains non lavées ou un démaquillage incomplet constituent des facteurs fréquents. Le port de lentilles de contact, la sécheresse oculaire et les allergies peuvent également augmenter le risque.
Certaines maladies cutanées favorisent l’obstruction des glandes palpébrales, notamment la rosacée (inflammation chronique du visage), la blépharite (inflammation du bord des paupières) et la dermatite séborrhéique.
Des déséquilibres hormonaux, le stress, le manque de sommeil, une hyperlipidémie, la pollution atmosphérique, l’exposition aux rayons ultraviolets, ainsi que certaines maladies auto-immunes, bactériennes ou parasitaires, peuvent également être impliqués.
Diagnostic du chalazion et de l'orgelet
Le diagnostic est essentiellement clinique et repose sur l’examen de la paupière. Aucun examen complémentaire n’est nécessaire dans la majorité des cas.
En cas de chalazion, l’éversion de la paupière, geste simple, rapide et indolore en ophtalmologie, permet souvent de mettre en évidence un nodule jaunâtre sur la face interne de la paupière.
Lorsque la lésion présente un aspect inhabituel, qu’elle ne guérit pas malgré un traitement approprié ou qu’elle récidive toujours au même endroit, un prélèvement (biopsie) peut être envisagé afin d’exclure une cause plus rare, notamment d’origine maligne.
Prévention du chalazion et de l'orgelet
Il est possible de réduire significativement le risque de chalazions et d’orgelets en adoptant des mesures simples au quotidien :
- Se laver régulièrement les mains, en particulier avant de toucher les yeux
- Éviter de se frotter les yeux, surtout avec des mains non propres
- Nettoyer soigneusement les paupières, notamment en cas d’antécédents de blépharite ou de peau grasse
- Se démaquiller complètement chaque soir avec des produits adaptés
- Ne pas partager son maquillage et renouveler régulièrement les produits cosmétiques
- Entretenir correctement les lentilles de contact en respectant les consignes de nettoyage et de renouvellement
En cas de maladie cutanée associée, comme la rosacée ou la dermatite séborrhéique, un traitement adapté contribue également à diminuer le risque de récidive.
Évolution et complications possibles
Ces affections sont bénignes et guérissent le plus souvent sans séquelles. De façon exceptionnelle, une surinfection peut survenir, évoluant vers une cellulite préseptale. Celle-ci se manifeste par un gonflement, une rougeur et une douleur diffuse de la paupière, parfois accompagnés de fièvre, et nécessite un traitement antibiotique oral rapide. En cas d’orgelet, le cil infecté peut être retiré directement en consultation.
Traitement du chalazion et de l'orgelet
Le traitement repose en première intention sur des mesures conservatrices visant à diminuer l’inflammation et à favoriser la guérison spontanée.
L’application de chaleur locale constitue le geste fondamental : des compresses chaudes sont appliquées sur les paupières fermées pendant 5 à 10 minutes, plusieurs fois par jour. La chaleur permet de fluidifier les sécrétions épaissies et de faciliter l’évacuation du contenu de la glande obstruée. Un massage palpébral doux, dirigé vers le bord libre de la paupière, améliore l’efficacité du drainage.
Pendant cette période, il est recommandé d’interrompre temporairement le maquillage oculaire ainsi que le port de lentilles de contact.
Un traitement local par pommade associant un antibiotique et un corticoïde est fréquemment prescrit, tant pour les chalazions que pour les orgelets.
Dans le cadre du chalazion, un antibiotique par voie orale, utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires, peut être envisagé dans certaines situations. Pour les formes chroniques ou persistantes, une injection locale de corticoïdes peut également être proposée.
En l’absence d’amélioration après un traitement bien conduit pendant deux mois, un geste chirurgical est indiqué. Le curetage du chalazion est réalisé sous anesthésie locale, par voie interne palpébrale, sans cicatrice visible.
Quand contacter le médecin ?
Une consultation médicale est recommandée dans les situations suivantes :
- Absence d’amélioration après 7 à 10 jours malgré les compresses chaudes
- Augmentation de la douleur ou de la taille de la lésion
- Extension de la rougeur ou du gonflement à l’ensemble de la paupière ou à la joue
- Atteinte de la vision ou difficulté à ouvrir l’œil
- Présence de pus, de sang ou de croûtes épaisses
- Fièvre ou récidives fréquentes au même endroit
La prise en charge à l’Hôpital de La Tour
À l’Hôpital de La Tour, les chalazions et les orgelets sont pris en charge au sein du cabinet du Dr Franceschetti. Chaque consultation débute par une évaluation précise des symptômes afin d’établir un diagnostic clair entre orgelet, chalazion ou autre pathologie palpébrale.
L’équipe d’ophtalmologie travaille en collaboration avec les dermatologues et les médecins généralistes afin de prendre en compte d’éventuelles causes sous-jacentes, telles que la rosacée ou la blépharite.
Lorsque la réalisation d’un curetage chirurgical est nécessaire, les patients sont orientés vers le Dr Stéphan Tobalem, ophtalmologue-oculoplasticien spécialisé dans la chirurgie des paupières à l’Hôpital de La Tour.
FAQ sur l'orgelet
Un orgelet est-il contagieux ?
Non. Bien qu’il s’agisse d’une infection, l’orgelet ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, une hygiène insuffisante peut favoriser son apparition.
Peut-on percer un orgelet ou un chalazion ?
Non. Il est fortement déconseillé de percer un orgelet ou un chalazion. Cela peut aggraver l’inflammation ou l’infection, favoriser leur extension et entraîner des complications, notamment cicatricielles.
Combien de temps dure un orgelet ou un chalazion ?
En moyenne, l’évolution se fait sur 7 à 10 jours. L’application régulière de compresses chaudes peut contribuer à accélérer la guérison.
Quelle est la différence entre un orgelet et un chalazion ?
L’orgelet correspond à une infection localisée au niveau d’un cil, tandis que le chalazion est une inflammation non infectieuse liée à l’obstruction d’une glande de Meibomius de la paupière. Le chalazion met généralement plus de temps à disparaître.