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Tumeurs cérébrales

Une tumeur cérébrale correspond à une masse ou un amas de cellules anormales qui se développent dans ou autour du cerveau. Ce phénomène peut concerner le tissu cérébral lui-même, mais aussi les nerfs, les glandes comme l’hypophyse ou l’épiphyse, ainsi que les membranes protectrices appelées méninges.

On distingue deux grandes catégories : les tumeurs primaires, qui prennent naissance directement dans le cerveau ou la moelle épinière, et les tumeurs secondaires, appelées métastases cérébrales, qui proviennent d’un cancer situé dans une autre partie du corps et qui s’est propagé au cerveau. Ces tumeurs peuvent être bénignes (non cancéreuses) ou malignes (cancéreuses).

Contrairement à d'autres cancers, les tumeurs cérébrales sont rarement métastatiques à l’extérieur du système nerveux central, mais leur développement intracrânien et la pression qu’elles exercent sur les structures cérébrales peut néanmoins entraîner des conséquences majeures sur le fonctionnement neurologique, la cognition ou les fonctions vitales.

Types de tumeurs cérébrales

Les tumeurs cérébrales sont classées selon leur origine (primaire ou secondaire), leur nature cellulaire (gliale ou non-gliale), et leur caractère bénin ou malin. Une centaine de types de tumeurs cérébrales ont été identifiées.

Les tumeurs primaires prennent naissance dans les cellules du cerveau ou de la moelle épinière. Elles sont elles-mêmes divisées en gliales et non gliales. Les tumeurs gliales proviennent des cellules gliales, qui entourent et soutiennent les neurones. Les tumeurs non gliales, quant à elles, se développent dans les structures cérébrales comme les nerfs, les vaisseaux sanguins ou les glandes.
Parmi les tumeurs souvent bénignes, on retrouve :

  • Les méningiomes, qui sont les plus fréquentes des tumeurs intracrâniennes primaires et se développent dans les membranes entourant le cerveau et la moelle épinière.
  • Les adénomes hypophysaires, qui affectent la glande pituitaire (hypophyse) et peuvent influencer la production hormonale.
  • Les schwannomes, qui se forment à partir des cellules de Schwann responsables de l’isolation des nerfs, le plus courant étant les schwannomes vestibulaires (neurinomes acoustiques).
  • Les craniopharyngiomes qui se forment dans la région de la glande pituitaire (hypophyse).

Ces tumeurs, bien que non cancéreuses, peuvent causer des symptômes par effet de compression. Du côté des tumeurs malignes, on note particulièrement les gliomes, qui regroupent différents sous-types selon les cellules impliquées :

  • Les astrocytomes, issus des cellules gliales appelées astrocytes. Le glioblastome en est la forme la plus avancée, la plus agressive et également la plus fréquente chez l’adulte.
  • Les oligodendrogliomes, qui se développent à partir des cellules fabriquant la myéline.
  • Les épendymomes, qui naissent près des ventricules cérébraux.
  • Les médulloblastomes, plus fréquents chez l’enfant et localisés à la base du crâne.

Les tumeurs secondaires, ou métastatiques, proviennent d’un cancer situé ailleurs dans le corps (poumon, sein, peau, etc.) et migrent au cerveau par voie hématogène. Elles sont plus fréquentes que les tumeurs primaires.

Classification des tumeurs cérébrales

La classification des tumeurs cérébrales repose sur deux critères essentiels : le type cellulaire à l’origine de la tumeur et le grade tumoral défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette approche permet aux professionnels de santé de mieux comprendre le comportement des tumeurs, d’évaluer leur agressivité et d’orienter les stratégies thérapeutiques.

  • Grade I : tumeurs bénignes, à croissance lente, cellules proches du tissu normal. Le pronostic est généralement favorable, et la chirurgie peut suffire.
  • Grade II : tumeurs à croissance relativement lente peu agressives mais pouvant infiltrer les tissus adjacents. Elles peuvent récidiver ou évoluer vers un grade supérieur.
  • Grade III : tumeurs malignes à cellules anormales se reproduisant activement et infiltrant le tissu cérébral normal. Risque élevé de récidive rapide, traitement multimodal souvent requis.
  • Grade IV : tumeurs très agressives, rapidement évolutives, souvent nécrotiques. Exemple typique : le glioblastome. Ces tumeurs nécessitent une approche thérapeutique intensive.

Symptômes des tumeurs cérébrales

Les symptômes des tumeurs cérébrales varient en fonction de leur localisation, de leur taille et de leur vitesse de croissance. Certaines tumeurs restent longtemps silencieuses, notamment lorsqu’elles se développent dans des zones cérébrales peu sollicitées, tandis que d’autres surviennent brutalement. Dans tous les cas, il résulte soit de la compression exercée sur les tissus cérébraux voisins, soit de l’altération directe des fonctions qu’assure la zone touchée.

Les symptômes généraux incluent des céphalées persistantes (maux de tête), souvent matinales ou accentuées par la toux, des troubles visuels (vision floue, double, perte du champ visuel), des nausées ou vomissements inexpliqués, ainsi que l’apparition récente de crises d’épilepsie. D'autres symptômes peuvent inclure des troubles de la parole, des troubles de la mémoire, des modifications du comportement ou de la personnalité, une faiblesse musculaire, des troubles de l’équilibre et une somnolence excessive.

Ces manifestations ne sont pas spécifiques aux tumeurs cérébrales, mais leur association ou leur persistance doit inciter à consulter rapidement un médecin pour un bilan approfondi.

Causes des tumeurs cérébrales

L’origine des tumeurs cérébrales demeure partiellement incomprise. Plusieurs hypothèses existent, mêlant facteurs génétiques et environnementaux, mais aucun élément unique n’est identifié comme responsable dans la majorité des cas.
Les cellules cérébrales, comme toutes les cellules du corps, possèdent un ADN qui régule leur croissance, leur division et leur disparition naturelle. Une tumeur cérébrale peut apparaître lorsque des mutations génétiques altèrent ces fonctions normales, favorisant une prolifération incontrôlée. Dans le cas des tumeurs malignes, les cellules cancéreuses envahissent le tissu cérébral sain, détruisent les structures normales et peuvent, par l’intermédiaire du liquide céphalo-rachidien ou de la circulation sanguine, se disséminer dans d’autres zones du système nerveux central. Ces mutations peuvent survenir de manière spontanée ou être transmises héréditairement, bien que les formes héréditaires soient rares.

Parmi les facteurs environnementaux étudiés, seul l’exposition à des rayonnements ionisants (comme ceux utilisés dans certaines thérapies ou exposés accidentels) a été régulièrement associé à un risque accru de tumeur cérébrale. D’autres expositions suspectées incluent les produits chimiques industriels, les infections virales, certains médicaments ou encore les champs électromagnétiques, mais les résultats restent incertains et souvent contradictoires.

Facteurs de risque des tumeurs cérébrales

Bien que les causes restent floues, certains éléments peuvent augmenter la probabilité de développer une tumeur cérébrale.

L’âge est un facteur déterminant : certaines tumeurs, comme les médulloblastomes, surviennent surtout chez l’enfant, tandis que d'autres, comme les glioblastomes, sont plus fréquentes chez les adultes de plus de 60 ans. Des différences ethniques sont également observées : les gliomes touchent plus souvent les personnes blanches, tandis que les méningiomes sont plus courants chez les personnes noires. Le sexe influence aussi l'incidence, les méningiomes étant deux fois plus fréquents chez les femmes.

Les antécédents familiaux de tumeurs cérébrales ou de syndromes génétiques héréditaires (comme la neurofibromatose, la sclérose tubéreuse ou le syndrome de Li-Fraumeni) sont également considérés comme des facteurs de risque, bien que ces cas soient marginaux (5 à 10 % des cas).

Diagnostic des tumeurs cérébrales

Le diagnostic d’une tumeur cérébrale repose sur une combinaison d’examens cliniques, d’imagerie médicale et, dans la plupart des cas, d’une biopsie.

L’évaluation débute généralement par un examen neurologique complet visant à détecter d’éventuels troubles de la vision, de l’équilibre, de la coordination, de la mémoire ou de la parole. L’étape suivante consiste en des examens d’imagerie médicale, indispensables pour localiser et caractériser la masse. L’IRM (imagerie par résonance magnétique) est l’examen de référence car elle fournit des images précises du cerveau et de la moelle épinière. Dans certaines situations, des IRM spécialisées, comme la spectroscopie ou l’IRM fonctionnelle, peuvent être réalisées. Pour les patients ne pouvant bénéficier d’une IRM, un scanner (CT-scan) constitue une alternative fiable.
Dans certains cas, un PET scan (tomographie par émission de positons) peut être demandé afin de distinguer une tumeur primaire d’une métastase.

La confirmation passe par une biopsie. Elle peut être réalisée lors de la chirurgie d’exérèse ou par voie stéréotaxique (biopsie à l’aiguille guidée par l’imagerie) si la localisation du foyer empêche une intervention ouverte. L’analyse histopathologique de l’échantillon permet de classifier la tumeur selon son type et son grade, critère essentiel pour adapter le traitement.

Traitements des tumeurs cérébrales

Le traitement des tumeurs cérébrales dépend de nombreux facteurs : la nature bénigne ou maligne de la lésion, son type histologique, sa localisation, sa taille, sa vitesse de croissance, ainsi que l’état général du patient. Trois approches thérapeutiques dominent : la chirurgie, la radiothérapie (y compris la radioneurochirurgie stéréotaxique), l’immunothérapie et la chimiothérapie.

Traitement chirurgical

La chirurgie est souvent le premier geste thérapeutique, visant à retirer partiellement ou totalement la tumeur, soulager les symptômes et obtenir du tissu pour l’analyse. Lorsqu’une résection complète est réalisable sans compromettre les fonctions vitales, elle améliore significativement le pronostic.
Les techniques modernes incluent la navigation chirurgicale assistée par imagerie, le neuromonitoring intra-opératoire, la fluorescence au 5 ALA ou encore la chirurgie éveillée, en particulier pour les tumeurs situées dans des régions impliquées dans le langage ou le mouvement.

Radiothérapie et chimiothérapie

La radiothérapie externe utilise des rayons à haute énergie pour détruire les cellules tumorales. Elle est indiquée pour les tumeurs inopérables ou en complément post-chirurgical. Des méthodes de précision comme la radiothérapie conformationnelle 3D, l’IMRT (modulation d’intensité) ou la protonthérapie permettent de mieux cibler la tumeur tout en préservant les tissus sains.

La chimiothérapie, souvent adjuvante ou concomitante à la radiothérapie, repose sur des agents cytotoxiques. Certaines molécules peuvent être administrées par voie orale, intraveineuse, intrathécale, ou même sous forme de wafers implantés localement pendant la chirurgie. Les wafers sont des petites pastilles contenant un médicament chimiothérapeutique, qui se diffuse lentement au contact du tissu cérébral environnant. Cette méthode permet de délivrer une chimiothérapie localisée, directement sur le site tumoral, tout en réduisant l’exposition du reste du corps aux effets secondaires des traitements systémiques. Le wafer se dissout naturellement en quelques semaines après la chirurgie.

Radioneurochirurgie (stéréotaxiques)

La radioneurochirurgie stéréotaxique (SRS) est une forme avancée de radiothérapie non invasive, délivrant de fortes doses de radiation en un ou quelques traitements très localisés. Elle est indiquée pour les petites tumeurs, bien délimitées, parfois inaccessibles chirurgicalement, comme certains méningiomes, adénomes hypophysaires, schwannomes ou métastases cérébrales uniques.
Des systèmes comme l’accélérateur linéaire NeuroKnife permettent d’intervenir avec une grande précision, réduisant les effets secondaires.
 

Evolutions et complications possibles

Les tumeurs cérébrales peuvent évoluer de différentes manières. Certaines restent indolentes pendant des années, d'autres progressent rapidement et nécessitent une prise en charge immédiate. Même les tumeurs bénignes peuvent causer des dommages si elles compriment des structures essentielles du cerveau. L’expansion de la masse peut entraîner une hypertension intracrânienne, responsable de céphalées intenses, de troubles visuels ou de nausées persistantes. L’atteinte de zones spécifiques du cerveau peut aussi causer des déficits neurologiques permanents, comme une paralysie partielle, des troubles du langage ou de la mémoire.
Par ailleurs, les effets secondaires à long terme des traitements (chirurgicaux, radiothérapeutiques, ou chimiothérapeutiques) peuvent inclure des troubles cognitifs, hormonaux, moteurs ou sensoriels. Les récidives, localisées ou diffuses, ne sont pas rares, particulièrement pour les tumeurs de haut grade. Il est donc essentiel d’assurer un suivi à long terme.

Malgré ces difficultés, les progrès diagnostiques et thérapeutiques permettent aujourd’hui d’améliorer significativement la survie et la qualité de vie de nombreux patients.

Quand contacter le médecin ?

Il est recommandé de consulter un médecin dès l’apparition de symptômes persistants ou inexpliqués pouvant évoquer une atteinte cérébrale. Ces signes incluent des maux de tête fréquents et inhabituels, des troubles de la vision, des crises d’épilepsie, des troubles de la mémoire ou du comportement, ou encore une perte de coordination ou de force musculaire.

Il est également important de revoir un spécialiste en cas d’aggravation des symptômes existants, notamment pour les patients ayant déjà reçu un diagnostic de tumeur cérébrale. Un suivi médical régulier est nécessaire, même après le traitement, afin de détecter précocement toute récidive ou complication.

La prise en charge à l’Hôpital de La Tour

L’Hôpital de La Tour propose une prise en charge pluridisciplinaire des tumeurs cérébrales, s’appuyant sur l’expertise de neurochirurgiens, oncologues, radiothérapeutes, neurologues, et radiologues. Tous les cas sont discutés lors de tumor board hebdomadaire. Grâce à ses équipements de pointe et à une approche centrée sur le patient, l’établissement assure un parcours de soins fluide, de la détection au suivi post-thérapeutique.

FAQ sur les tumeurs cérébrales

Une tumeur au cerveau est-elle toujours cancéreuse ?

Non. De nombreuses tumeurs cérébrales sont bénignes, mais leur emplacement peut néanmoins causer des troubles neurologiques.

Quels sont les signes qui doivent m’alerter ?

Des maux de tête persistants, des troubles visuels, une perte de mémoire, des changements de comportement ou des crises d’épilepsie doivent inciter à consulter.

La tumeur peut-elle être complètement retirée ?

Cela dépend de sa taille, de sa localisation et de son type. Certaines peuvent être totalement excisées, d'autres seulement partiellement.

Quels sont les effets secondaires après un traitement ?

Fatigue, troubles cognitifs, perte de mémoire, et parfois troubles hormonaux ou moteurs, selon la localisation et le traitement.

Peut-on vivre normalement avec une tumeur cérébrale ?

Oui, dans certains cas. Un suivi médical et une prise en charge adaptée permettent souvent de préserver une bonne qualité de vie.

Les tumeurs cérébrales sont-elles héréditaires ?

La majorité ne le sont pas. Toutefois, certaines maladies génétiques rares peuvent prédisposer à leur apparition.

Comment se fait le diagnostic ?

Il repose sur un examen clinique, des imageries cérébrales (IRM, scanner) et souvent une biopsie pour l’analyse histologique.

Quels spécialistes consulter ?

Un neurologue, un neurochirurgien, un oncologue et un radiothérapeute composent généralement l’équipe de référence.

Tumor Board du Système Nerveux Central

Information

Le Tumor Board du système nerveux central de l’Hôpital de La Tour réunit des médecins spécialisés dans la prise en charge de ces pathologies. Cet espace d’échange multidisciplinaire s’adresse aux médecins traitants ainsi qu’aux spécialistes souhaitant soumettre un cas clinique pour discussion, obtenir un avis spécialisé ou orienter un patient vers une prise en charge diagnostique ou thérapeutique adaptée.

Le Tumor Board se réunit chaque jeudi à 12h00. Ouvert à tout médecin sur inscription, il permet de présenter un cas clinique et de bénéficier de l’expertise collective des spécialistes impliqués dans la prise en charge des tumeurs du système nerveux central.

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Tumor Board du Système Nerveux Central de l’Hôpital de La Tour

  • Tous les jeudis à 12h00
  • Ouvert à tout médecin sur inscription
  • Cas à présenter ou besoin d'avis

Le chiffre

C’est le nombre de nouveaux cas de tumeurs cérébrales diagnostiqués chaque année en Suisse.

Le saviez-vous ?

Le mot « tumeur » est souvent associé au cancer, pourtant la plupart des tumeurs cérébrales primaires sont non cancéreuses. Néanmoins, même bénignes, elles peuvent affecter gravement la santé si elles compriment des zones vitales du cerveau.

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