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Cancer du sein

Le cancer du sein est très fréquent chez la femme. Il affecte près de deux millions de femmes chaque année. C’est la cause principale de mort liée au cancer chez les femmes (dans les pays occidentaux il est dépassé pas le cancer du poumon). Il peut également affecter les hommes, mais c’est très rare : on enregistre environ 50 cas par année en Suisse, (contre au moins 5000 dans la population féminine). Statistiquement, une femme sur neuf est confrontée à cette maladie au cours de sa vie. Le terme médical est carcinome mammaire*Le cancer du sein résulte de la croissance incontrôlée de cellules altérées qui forment une masse dans la glande mammaire et se disséminent ensuite dans l’organisme (on parle alors de métastases)..

Un cancer du sein résulte de la croissance incontrôlée de cellules altérées qui forment une masse dans la glande mammaire et se disséminent ensuite dans l’organisme (on parle alors de métastases*Tumeur formée à partir de cellules cancéreuses qui se sont détachées d'une première tumeur (tumeur primitive) et qui se sont déplacées dans une autre partie du corps où elles se sont installées.). On distingue ainsi schématiquement, en fonction du stade de développement, deux grandes catégories de cancer du sein.

Le cancer du sein est dit in situ, lorsque les cellules tumorales*Les cellules tumorales sont des cellules qui prolifèrent de manière anarchique, ce qui conduit à la formation d’une masse cellulaire désorganisée. On parle aussi de cellules cancéreuses. sont confinées à l’intérieur des structures par lesquelles le lait maternel passe pour arriver dans les glandes mammaires*Les glandes mammaires (ou seins) sont des glandes alvéolaires présentes chez les mammifères femelles et dont la fonction première est de sécréter du lait pour nourrir les nouveau-nés..

À l’inverse, il est dit invasif, lorsque ces cellules ont proliféré hors de ces canaux (appelés galactophores) pour pénétrer les tissus voisins. Le plus souvent, la palpation ne permet pas de détecter la première de ces deux formes de cancer du sein ; le diagnostic est donc généralement posé grâce à un dépistage par mammographie*Examen réalisé à l’aide d’un appareil à rayons X. Il permet de visualiser la structure du sein et, éventuellement, la présence d’une tumeur..

Symptômes du cancer du sein

À un stade précoce, on n’observe quasiment pas ou peu de symptômes pour le cancer du sein. Dans la plupart des cas, la maladie reste en effet silencieuse pendant plusieurs années. De ce fait, il est conseillé à toute femme d’effectuer, une fois par mois, une autopalpation de sa poitrine pour détecter toute modification de la structure ou de la forme des seins et/ou des mamelons.

La présence d’un durcissement (nodules*Grosseur qui peut se développer à la surface d’un tissu ou d’un organe.), d’une rougeur ou d’un écoulement du mamelon sont des signes qui justifient un contrôle médical. De plus, à partir de 50 ans, il est également conseillé de se soumettre à des tests de dépistage réguliers. La plupart des cancers du sein sont découverts lors de ces examens par mammographie.

Causes du cancer du sein

L’origine du cancer du sein est mal connue. Dans un certain nombre de cas il existerait un lien de cause à effet avec une mutation génétique (touchant plus précisément les gènes BRCA). Les femmes qui en sont porteuses sont davantage exposées au risque de contracter un cancer du sein, raison pour laquelle on conseille aux femmes ayant des antécédents familiaux (présence de la maladie chez une ou plusieurs parentes au premier degré, à savoir mère, sœur ou fille) de demander conseil à leur médecin et d’effectuer un test génétique.

Facteurs de risque

Le cancer du sein est plus fréquent chez les femmes ménopausées ; le risque augmente ainsi avec l’âge, et c’est pour cela que des programmes de dépistage ont été instaurés en Suisse pour les femmes de 50 ans et plus.

L’apparition des premières règles avant l’âge de 12 ans et de la ménopause après 55 ans fait également partie des facteurs de risque, tout comme le fait d’avoir suivi un traitement hormonal de substitution pendant plusieurs années à la ménopause (hormonothérapie*Certains cancers peuvent être stimulés par la présence de certaines hormones. L’hormonothérapie vise à restreindre l’action de ces hormones afin d'éliminer les cellules cancéreuses qui y sont sensibles.). Par ailleurs, il semble que les femmes qui n’ont pas eu d’enfant ou qui ont vécu une première grossesse tardive (après 40 ans) soient plus à risque.

Citons enfin le tabagisme, une surcharge pondérale, une alimentation trop riche en sucres et en graisses, une trop grande consommation d’alcool, ou encore une prédisposition héréditaire (mutation des gènes BRCA). En revanche, le fait d’avoir eu plusieurs enfants, avec un allaitement prolongé, serait un facteur de protection contre le développement d’un cancer du sein.

Prévention du cancer du sein

S’il n’est pas possible d’agir sur certains facteurs de risque du cancer du sein – typiquement, une prédisposition génétique – toute femme peut exercer une influence sur les facteurs de risque dits modifiables, à savoir ses habitudes de vie. Pratiquer une activité physique régulière, manger sainement, s’abstenir ou arrêter de fumer et limiter sa consommation d’alcool sont les grands principes de la prévention.

Évolution et complications possibles

Le risque majeur est la propagation des cellules tumorales en dehors de l’endroit où elles se développent initialement ; le plus souvent, il s’agit des structures qui servent de conduits pour l’écoulement maternel. Ce type de cancer est appelé carcinome canalaire. Il est dit invasif ou infiltrant lorsqu’il se propage ensuite dans les ganglions*Petites glandes impliquées dans les défenses immunitaires et présentes en divers endroits du corps. S’il y a un grand nombre de bactéries, de virus ou de cellules cancéreuses dans le corps, les ganglions peuvent devenir enflés. (en particulier sous les aisselles, du côté du sein concerné) ou dans d’autres parties du corps, via les vaisseaux lymphatiques et sanguins.

Les cancers invasifs sont classés en différentes catégories, en fonction de leur taille et du nombre de ganglions envahis, notamment. Le dépistage est d’autant plus important que les chances de guérison sont nettement meilleures à un stade précoce de la maladie.

Traitement du cancer du sein

Le choix de la stratégie thérapeutique dépend d’un certain nombre de facteurs tels que :

  • sa localisation et ses caractéristiques tissulaires et génétiques,
  • la présence éventuelle de ganglions atteints à proximité du sein et de métastases,
  • la taille de la tumeur,
  • l'âge et l’état de santé de la patiente,
  • etc.

En cas de découverte de lésion, un prélèvement chirurgical dans la zone du sein concernée (biopsie*Prélèvement d’une partie d’un tissu ou d’un organe afin d’effectuer sur ce dernier divers examens.) est pratiqué pour analyse.

Le traitement du cancer du sein peut être chirurgical. Le plus souvent il est possible d’opérer la tumeur tout en préservant le sein, il s'agit d'une tumorectomie, seule une marge de tissu sain aux abords de la lésion étant retirée. L’ablation du sein (mastectomie*Intervention chirurgicale qui consiste à enlever le sein dans lequel se trouve la tumeur.) n’est en effet nécessaire que dans de rares cas. Une radiothérapie*Traitement médical qui utilise les radiations pour détruire les cellules cancéreuses et bloquer leur capacité à se multiplier. visant à détruire les cellules cancéreuses par irradiation peut être instaurée après la chirurgie pour limiter le risque de réapparition locale de la tumeur. Cette radiothérapie est parfois envisageable pendant l’intervention elle-même.

La prescription de médicaments capables de détruire sélectivement les cellules cancéreuses complète cet arsenal thérapeutique, avec les chimiothérapies*Traitement médicamenteux qui agit contre les cellules cancéreuses., l'immunothérapie et l'hormonothérapie. Ces différentes méthodes peuvent d’ailleurs être combinées entre elles selon un ordre variable, en fonction de la situation particulière de la patiente.

À noter enfin que la chirurgie reconstructive fait partie intégrante du traitement du cancer du sein. Elle peut avoir lieu au même moment que la chirurgie initiale ou plus tard. 

 

Quand contacter le médecin

Comme les chances de guérison sont d’autant plus grandes que le cancer du sein est détecté tôt, il est recommandé de se soumettre à des examens de dépistage réguliers et de rejoindre, dès l’âge de 50 ans, le programme de dépistage systématique (sur convocation) mis en place en Suisse. Ces examens rendent la détection d’un cancer du sein possible même lorsque la tumeur mesure moins de 2 cm, ce qui permet non seulement d’améliorer grandement les chances de guérison, mais aussi d’appliquer des traitements moins agressifs.

D’une manière générale, des symptômes tels que la présence d’un nodule dans le sein, d’une rougeur ou d’un écoulement d’un mamelon justifient une consultation médicale.

La prise en charge à l’Hôpital de La Tour

Les deux principales méthodes de diagnostic sont la radiographie des seins (mammographie) et le prélèvement d’un échantillon de tissu à des fins d’analyse au microscope (biopsie). Si la mammographie permet en principe de dépister une tumeur à un stade très précoce, tout résultat suspect ne signale pas forcément un cancer du sein. En tous les cas, une biopsie est indispensable pour pouvoir poser un diagnostic définitif. Si une intervention chirurgicale est pratiquée avec exérèse*Intervention chirurgicale qui consiste à enlever de l’organisme un élément qui lui est nuisible ou inutile (tumeur, corps étranger, etc.). de la tumeur il est important de préciser la gravité et l’étendue de la maladie. Il est possible de recourir à la méthode dite du ganglion sentinelle et qui consiste à retirer le ganglion lymphatique le plus proche de la tumeur (donc obligatoirement au niveau de l’aisselle), afin de vérifier s’il renferme des cellules cancéreuses.

La stratégie thérapeutique sera déterminée sur la base des résultats de ces examens, en tenant compte du point de vue et de l’état de santé de la patiente.

Une prise en charge multidisciplinaire et hautement spécialisée

L’Hôpital de La Tour offre une prise en charge multidisciplinaire et hautement spécialisée du cancer du sein grâce à un plateau technique complet et aux compétences nécessaires réunies sur son campus. Afin de garantir aux patientes atteintes de cette maladie, le meilleur traitement possible, un colloque multidisciplinaire, aussi appelé Tumor board, se tient chaque semaine et réunit des spécialistes de différentes disciplines. Celui-ci permet aux spécialistes de discuter les options thérapeutiques, de valider un protocole en confrontant les avis et de mettre ensuite en place le suivi optimal. 

Les dossiers sont présentés une première fois avant le traitement, incluant souvent la chirurgie, et une seconde fois, après le traitement afin d’évaluer le résultat, de prendre des mesures supplémentaires si nécessaire et d’organiser le suivi.  

Les spécialistes de l’Hôpital de la Tour composant les tumor boards du sein sont : 

  • une infirmière du service d’oncologie
  • l’oncologue référent pour chaque dossier. 

Dans un esprit de coopération et afin de réunir la plus grande expertise possible dans l’intérêt des patientes, ces colloques se déroulent en visioconférence avec les spécialistes du centre du sein des Hôpitaux universitaire de Genève (HUG) et ceux du Groupement Hospitalier de l’Ouest Lémanique (GHOL). Ainsi le niveau de sécurité et les exigences de qualité sont équivalents à ceux proposés dans un établissement universitaire. 

Le chiffre

Avec plus de 1400 décès par année, le cancer du sein est la première cause de mortalité dans la population féminine suisse âgée de 40 à 50 ans. Dans ce pays, plus de 90’000 femmes vivraient actuellement avec un cancer.

Le saviez-vous ?

Il existe deux types de dépistage : le dépistage individuel, dont la fréquence est logiquement calquée sur les facteurs de risque personnels, et le dépistage de masse, également appelé dépistage systématique ou « screening », organisée en Suisse à l’échelle nationale pour les femmes à partir de l’âge de 50 ans.

Notre équipe:

Il est recommandé de consulter le(s) professionnel(s) de la santé suivant(s) :