Prendre soin de vous comme si c'était nous.
06.02.26

Dépression post-partum : reconnaître les signes et comment aller mieux

Pathologie
Devenir parent est une grande aventure, faite de joies mais aussi de profonds changements. La grossesse et l’arrivée d’un enfant peuvent fragiliser l’équilibre émotionnel des parents, et il arrive parfois que la mère ou le père traverse une période dépressive durant cette étape. Méconnue et souvent assimilée à un simple baby blues, la dépression post-partum est une pathologie qui peut avoir des conséquences à long terme. Comprendre ses symptômes et oser en parler est le premier pas vers une prise en charge adaptée, et pour préserver le bien-être de toute la famille.

Dépression post-partum : définition et symptômes

La dépression post-partum est un trouble de l'humeur d’intensité variable qui survient au cours de la première année suivant l'accouchement, le plus fréquemment dans les trois premiers mois. On parle de dépression périnatale lorsqu'elle survient pendant la grossesse. Les symptômes et leur moment d'apparition varient d’une personne à l’autre. 

La dépression post-partum se caractérise par des symptômes émotionnels et psychiques :

  • profonde tristesse, irritabilité, pleurs fréquents
  • perte d'intérêt ou de plaisir dans les activités de tous les jours
  • sentiment de dévalorisation, culpabilité, pensées noires, voire suicidaires
  • troubles cognitifs, difficulté d'attention et de prise de décision

Dans certains cas, on observe également : 

  • des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
  • une perte ou un gain d'appétit, engendrant une variation de poids (> 5%)
  • un manque d'énergie, une fatigue chronique
  • des troubles du comportement (isolement social, négligence de soi)

Le diagnostic de la dépression post-partum est confirmé lorsque, pendant au moins deux semaines, un parent se sent durablement mal, triste ou vidé d’énergie, et présente plusieurs signes de mal-être au quotidien. À ces difficultés peuvent s’ajouter une anxiété constante autour du bébé, des sentiments contradictoires, voire une impression de distance ou de rejet, souvent accompagnée d’une forte culpabilité. Le manque de sommeil et les troubles cognitifs, communément appelés «baby brain», étant fréquents chez les jeunes parents, ceux-ci peuvent masquer les symptômes d'une dépression post-partum. 

Quelle est la durée d'une dépression post-partum ? 

La dépression post-partum peut s'étendre sur plusieurs semaines, voire des années. Elle touche aussi bien les nouveaux parents que ceux qui ont déjà des enfants. Le risque de récidive est réel si la dépression n'a pas été détectée ni traitée lors de la première naissance. Parfois, elle est la conséquence d'un événement identifiable, ceci dit, la plupart du temps, elle se manifeste sans cause précise. Dans certains cas, la dépression post-partum disparaît spontanément, néanmoins un suivi médical et des soins adaptés sont nécessaires afin de prévenir le risque de chronicité. 

Dépression post-partum et baby blues : quelle différence ? 

On apparente souvent la dépression post-partum à un baby blues, or les symptômes et les conséquences sont très différents. Le baby blues n’est pas une maladie : il s’agit d’une baisse passagère de l’humeur, qui survient après l’accouchement et touche de nombreuses femmes. Il apparaît généralement entre le 2ème et le 5ème jour après la naissance et se caractérise par une grande émotivité, des pleurs faciles et une humeur changeante. La durée du baby blues est courte, de quelques heures à quelques jours, et disparaît spontanément avec du repos et le soutien de l’entourage. À l’inverse, la dépression post-partum est une pathologie et nécessite un accompagnement personnalisé.

Traitement : les clés pour aller mieux

Dans le cas d'une forme légère de dépression post-partum, le soutien des proches couplé à l'accompagnement de professionnels de la santé (sages-femmes, infirmières à domicile et médecins) contribuent à soulager efficacement les symptômes. Dans le cas où les symptômes persistent dans la durée et sont d'une intensité accrue, un suivi psychologique peut être préconisé. Celui-ci peut prendre la forme de thérapies brèves centrées sur la parentalité, d’un accompagnement psychothérapeutique plus global et, dans certaines situations, d’un traitement médicamenteux. La plupart du temps, la dépression post-partum se soigne grâce à une prise en charge psychologique, sans qu’un recours aux médicaments soit nécessaire. 

Durant la période post-partum, adapter son quotidien afin de se ménager du temps pour soi et de se changer les idées - en allant marcher, en pratiquant une activité physique, en mangeant équilibré, en voyant des amis, etc. - contribue à améliorer le bien-être et à renforcer l’estime de soi pour mieux surmonter les bouleversements liés à la parentalité.

Quelles sont les conséquences d'une dépression post-partum ?

La dépression post-partum qui n'est ni détectée ni traitée à temps peut avoir des conséquences sur l'ensemble de la famille. Le parent, mère ou père, perd progressivement confiance en ses capacités, se perçoit comme un «mauvais parent», et peine à reconnaître son état dépressif. Le couple s’en trouve fragilisé et, parfois, ne résiste pas à cette épreuve.
Les enfants sont les victimes les plus vulnérables de la dépression post-partum. Leur développement repose en grande partie sur la qualité des échanges avec leurs parents, ainsi que sur la dynamique relationnelle entre ceux-ci. Or, la dépression parentale altère fréquemment ces interactions, le parent étant moins disponible psychiquement pour son entourage. Une dépression légère ou modérée qui s’inscrit dans la durée peut ainsi être tout aussi préjudiciable pour l’enfant qu’une dépression sévère.

Quels sont les facteurs de risque de la dépression post-partum ?

Les causes de la dépression post-partum restent à ce jour méconnues. Toutefois, certains facteurs de risque seraient susceptibles d’en favoriser l’apparition. Parmi les principaux, on retrouve notamment :
des antécédents de dépression ;

  • une sensibilité accrue aux variations hormonales, comme en cas de syndrome prémenstruel;
  • une insatisfaction relationnelle ou un manque de soutien au sein du couple ;
  • une grossesse non planifiée ou désirée ;
  • un niveau de stress élevé pendant la grossesse.

À retenir

La dépression post-partum est une pathologie dont les causes restent encore méconnues. Souvent confondue avec le baby blues, elle nécessite pourtant une prise en charge spécifique. Lorsqu’elle n’est pas repérée suffisamment tôt, elle peut entraîner des répercussions durables sur le parent touché et sa famille. Comprendre les symptômes et se confier à son entourage ou à un professionnel de santé permet de bénéficier d'un suivi adapté, en vue de renforcer son bien-être et préserver l’équilibre de toute la famille.