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10.06.21

La césarienne participative, une approche profondément humaine de l’accouchement

Maternité
Introduite l’automne dernier à la maternité de l’Hôpital de La Tour, cette pratique novatrice permet aux femmes de mieux vivre leur accouchement.

A l’ultime terme de leur grossesse, certaines femmes n’ont pas d’autre choix que d’accoucher par césarienne. Des femmes qui ont donné naissance ainsi regrettent d’avoir vécu une intervention médicale plus qu’un véritable accouchement. Pour y remédier, une pratique alternative appelée césarienne participative, ou césarienne douce, est désormais proposée à la maternité de l’Hôpital de La Tour. « Ce n’est pas uniquement pendant l’accouchement à proprement dit que la future mère et son conjoint sont appelés à participer, mais bien pendant l’ensemble du processus », explique Antonella Valiton-Crusi, médecin-cheffe de la maternité de l’Hôpital de La Tour qui a introduit la césarienne participative dans l’établissement.

Une participation active des deux parents
Plusieurs mesures sont mises en place pour que les futurs parents aient le sentiment d’être pleinement acteurs de ce moment si important. Toute l’intervention est discutée et préparée en amont. Le jour prévu de l’accouchement, les futurs parents se rendent à pied en salle d’opération, alors que lors d’une césarienne classique, la future mère y est amenée couchée dans un lit. Des patientes qui ont bénéficié d’une césarienne participative ont admis que cette seule action avait réduit leur anxiété de moitié. Dans la salle d’opération, les lumières sont tamisées et une musique, choisie par les parents au préalable, est diffusée. Ces aménagements permettent ainsi de créer un environnement plus chaleureux et accueillant.

Aussitôt que la tête du bébé apparaît, la femme est rehaussée afin qu’elle puisse voir son enfant sortir de son ventre. Elle est alors encouragée à pousser pour l’accompagner. L’enfant sort tout doucement et quand il se trouve à l’air libre, le gynécologue le tient face à la maman, de manière à ce qu’elle puisse bien le voir.

La famille reste ensemble
Le conjoint peut alors couper le cordon ombilical, puis l’enfant est confié à la puéricultrice qui le pose sur la maman pour le « peau à peau » avant de procéder aux premiers examens. Ce premier contact physique entre la mère et son enfant, très important, intervient bien plus tôt que lors d’une césarienne classique. Lorsque l’on a fini de prendre en charge la maman et que bébé est installé dans son berceau, la famille remonte ensemble en salle d’accouchement, accompagnée par une sage-femme. Lors d’une césarienne classique, la mère reste en salle de réveil alors que le père attend dans la chambre avec le bébé. Pendant une césarienne participative, les parents et leur bébé ne se quittent jamais.

« Nous avons de très beaux témoignages de femmes qui ont donné naissance ainsi, après avoir difficilement vécu une précédente césarienne. Elles ont affirmé s’être réconciliées avec l’accouchement », résume la Dre Antonella Valiton-Crusi.