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16.09.19

Allaitement maternel : bien démarrer, se nourrir et poursuivre sereinement

Maternité
L'allaitement maternel s'installe progressivement, entre l'instinct de bébé et la confiance de la maman dans sa capacité à produire du lait. Les premiers jours, le contact peau à peau, l'alimentation, la conservation du lait tiré et la reprise du travail sont autant d'étapes qui rythment cette période. Voici les repères essentiels pour vivre l'allaitement maternel sereinement, du séjour à la maternité jusqu'au retour au travail.

Les premiers jours : la mise en place de la lactation

Dès le décollement du placenta qui suit la naissance, le signal est donné au cerveau que la production de lait peut démarrer. Les seins se préparent en réalité bien avant : ils sont en attente de la lactation depuis la 16ᵉ semaine de grossesse déjà, et ce quelle que soit leur taille.

Bébé, lui aussi, est programmé pour stimuler la lactation dès les premiers jours. C'est un vrai travail d'équipe qui se met en place, basé sur la confiance de la maman en sa capacité à produire du lait et sur les compétences intuitives de bébé, qui sait faire et en est l'expert.

Plus bébé tète, plus les seins se vident, plus la production de lait augmente. L'idéal est de se laisser guider par son rythme, même si les tétées peuvent parfois s'enchaîner de manière frénétique, en particulier en soirée ou pendant la nuit : c'est justement la nuit que la prolactine, l'hormone de la lactation, travaille le mieux à fabriquer le lait de la journée suivante. D'où l'intérêt de se caler sur le rythme de bébé, aussi bien pour les tétées que pour le repos, en profitant des moments où il dort entre deux repas.

Jusqu'à la montée laiteuse, qui survient généralement autour du troisième jour, les quantités de lait produites restent modérées, pour que l'estomac de bébé s'adapte en douceur. Le premier jour, cet estomac est à peine plus gros qu'une petite bille : quelques gouttes de colostrum, ce premier lait très concentré, suffisent à le remplir. Les quantités augmentent ensuite progressivement, surtout après la montée laiteuse.

Le peau à peau, une étape clé

C'est au cours des toutes premières heures après la naissance que se créent les liens affectifs entre la maman et son bébé. Le contact direct « peau à peau » favorise cette découverte mutuelle et permet à bébé de mettre en place, dans les meilleures conditions, les réflexes qui faciliteront le démarrage de l'allaitement.

Placé à plat ventre contre le ventre de sa mère, peau contre peau, guidé par le toucher, l'odorat et la voix maternelle, le nouveau-né est capable de ramper pour trouver le mamelon et le téter : c'est l'expression du réflexe de fouissement.

Le langage du corps est la toute première forme de communication que le nouveau-né comprend, et il en a un besoin infini. L'allaitement au sein favorise l'éveil de ce langage en sollicitant tous les sens de bébé, qui retrouve ainsi des repères connus depuis le ventre maternel : chaleur, contenance, odeur, bruits du corps. Ces sensations le mettent en sécurité et lui permettront, au fil des mois, de gagner en confiance et en autonomie.

La tétée n'est ainsi pas seulement un moyen de se nourrir : c'est aussi l'occasion de se remplir de sensations agréables, de se détendre et de s'apaiser.

Bien s'alimenter pendant l'allaitement

Les restrictions alimentaires liées à la grossesse disparaissent dès la naissance : la maman peut de nouveau manger de tout. Seules certaines plantes, comme la sauge, le persil et la menthe, restent déconseillées.

Plus encore que pendant la grossesse, les besoins énergétiques augmentent en période d'allaitement, la fabrication du lait sollicitant beaucoup d'énergie. Une partie de cette énergie provient des réserves graisseuses accumulées pendant la grossesse, le reste devant être apporté par l'alimentation, d'où l'importance d'avoir des repas réguliers et équilibrés.

Il est possible de manger de tout, en quantité raisonnable et en composant des menus variés. Il est par exemple préférable de rester modéré sur les aliments qui ont tendance à donner des gaz, comme le chou, sans pour autant les supprimer totalement. En observant bébé, la maman peut identifier ce qui le rend plus inconfortable, cela varie d'un bébé à l'autre. D'ailleurs, grâce au liquide amniotique qui prenait déjà le goût des aliments consommés pendant la grossesse, bébé s'est en général habitué à cette alimentation et devrait s'y adapter sans difficulté, tout en amorçant l'apprentissage de la diversification alimentaire qui aura lieu quelques mois plus tard.

Conserver son lait maternel

Pour poursuivre l'allaitement malgré une reprise du travail ou une absence, il est tout à fait possible de conserver son lait tiré :

  • au fond du réfrigérateur, de 3 à 5 jours ;
  • au congélateur, jusqu'à 6 mois, à condition de congeler dans les 24 premières heures ;
  • à température ambiante (25 °C), pendant 4 à 6 heures pour du lait frais tiré, ou 8 à 10 heures entre 19 et 20 °C ;
  • au réfrigérateur, pendant 24 heures pour du lait déjà décongelé.


Le lait frais ou décongelé peut être réchauffé au bain-marie, simplement pour le tiédir. Il est en revanche déconseillé de le réchauffer au micro-ondes, ce qui pourrait altérer ses qualités nutritionnelles.

Chaque couple maman-bébé trouve son propre rythme et s'adapte aux besoins de bébé, qui évoluent au fil des semaines. Si la stimulation a été efficace pendant les premières semaines, et en particulier les premiers jours, ou lors des pics de croissance réguliers, et que la lactation s'est bien installée, l'allaitement peut se poursuivre en suivant la loi de l'offre et de la demande : le sein fabrique du lait selon les besoins exprimés par bébé.

Poursuivre l'allaitement et la reprise du travail

Après quelques mois, la reprise du travail s'annonce pour certaines mamans, qui doivent alors réfléchir à la manière dont elles souhaitent poursuivre leur allaitement. Reprendre le travail n'est pourtant pas forcément synonyme de sevrage : un nouveau rythme peut se mettre en place, en remplaçant certaines tétées par un biberon de lait maternel tiré ou de lait artificiel, voire par un mélange de repas à la cuillère et de lait, selon l'âge de bébé au moment de la reprise.

Cette nouvelle organisation se met idéalement en place progressivement, ce qui limite l'impact sur la production des tétées maintenues. Certaines mamans remarquent néanmoins que le stress et la fatigue liés à la reprise du travail peuvent occasionner une baisse de la production.

Selon le lieu de travail, il est possible de tirer son lait aux heures où bébé aurait dû téter, puis de le conserver au frais pour qu'il soit donné le lendemain à la place d'une tétée.

 

L’équipe de la maternité de l'Hôpital de La Tour vous accompagne à chaque étape de l'allaitement, des premiers jours à la reprise du travail.